08 octobre 2008
Mon projet de naissance
Bien sur un projet de naissance se prépare dans le respect de tout le monde : les parents, le bébé et l'équipe médicale. Ce n'est pas un contrat mais un projet qui peut évoluer et être modifié à tout instant en fonction d'un changement d'idée de la maman ou en fonction des nécessités médicales.Il est hors de question de refuser une césarienne si elle est nécessaire.
Voici les grandes lignes de mon projet de naissance (je ne l'avais pas rédigé mais il était très clair dans ma tête) :
- On évitera le déclenchement le plus possible.
- Pas de péridurale ou alors en cas de besoin, une péridurale faiblement dosée.
- Rester libre de mes mouvements au maximum
- Un clampge tardif du cordon de mon enfant
- Pas de rupture de la poche des eaux
- Peau à peau dès les premiers instants
- Mise au sein la plus précoce possible
- Pas de biberon ni eau glucosé
- Garder mon enfant avec moi au moins la première nuit.
Tout n'a pas pu être réalisé selon mes souhaits, il ne s'agissait en effet que d'un projet et non d'une obligation, mais la sage femme a fait le maximum pour respecter mes envies et m'accompagner.
Le déclenchement a du avoir lieu et une mini-péridurale a relancé le travail qui stagnait, mais pour le reste tout s'est déroulé selon mon projet voire meme mieux que mon projet. Communiquer avec l'équipe, leur dire qu'on a réfléchit à ce que l'on désirait tout en les rassurant sur le fait qu'on est d'accord de changer d'avis en cas de besoin est primordial.
La communication avec ma sage-femme en début de travail a été tellement bonne, qu'elle a même extrapolé mon projet de naissance et m'a proposé des choses auxquelles je n'avais pas pensé. Elle s'est démenée afin de m'aider à vivre mon accouchement au maximum. Je ne la remercierai jamais assez pour avoir partagé cet évenement si intense de ma vie. MERCI madame C.B.
Pour aller plus loin, voici un livre qui m'a aidé à préparer mon projet de naissance :
Préparer son accouchement, Faire un projet de naissance de Sophie Gamelin-Lavois aux Editions Jouvence
04 octobre 2008
Pourquoi un projet de naissance ?
Avec un nouveau lutin en formation, sont arrivées les grandes questions de toujours... et l'accouchement ? Je ne voulais pas revivre le même accouchement que pour mon farfadet. Pour bien comprendre cela, il faut le revivre.
alors petit retour vers le passé de 2 ans:
Le jour J (théorique bien sur), mon futur farfadet est toujours bien au chaud dans mon utérus et il est bien décidé à ne pas rendre sa location même si le bail a expiré. Moi, je sens qu'il est bien là ou il est et que ce n'est pas encore pour maintenant. Les jours passent et je continue à m'occuper afin de ne pas trouver le temps trop long.
J+1, rien, monitoring d'une heure : une contraction non douloureuse pendant tout ce temps, ce n'est pas avec ça que le travail va se mettre en route.
J+2, toujours rien,
J+3, rien, monitoring et toucher vaginal : col effacé mais toujours fermé. Rien à faire ce n'est pas encore pour maintenant (et dire qu'on m'a arreté à la 2° échographie parce que bébé voulait sortir). Le rdv est pris pour le déclenchement à J+5 si bébé ne vient pas tout seul.
J+4, toujours rien et je sens bien que ca ne travaille pas. Le soir, je rentre à la maternité. Repas léger, la sage-femme passe pour m'expliquer comment le déclenchement va se passer.
J+5, la sage-femme vient me chercher après ma douche pour la grande aventure. Toucher vaginal et pose du gel (7h du matin), s'en suit 2h de monitoring avant qu'on ne me libère. Les contractions arrivent tout de suite après la pose du gel, je gère pas mal pour le moment. Je me promène dès que je le peux pour faire avancer le travail. A 11h du matin (4h après la pose du gel) j'ai vraiment mal, j'appelle l'équipe qui m'emmène en salle de travail, je ne suis qu'à 3, ils appellent donc l'anesthésiste. Je pense en avoir pour encore 6 h (et oui, on nous apprend que pour un premier le travail dure environ 12 h) et je ne me vois pas tenir comme ça jusqu'au bout donc j'accepte. La péridurale est posée et je me sens enfin bien.... trop bien ! Ben oui, je ne sens plus mes contractions. 30 min après je suis à dilatation complète et on commence les poussées. Sauf que la péridurale est trop forte, je n'arrive pas à pousser. En plus, c'est la sage-femme qui le dit quand j'ai des contractions, c'est le monde à l'envers. Bref, les poussées sont inefficaces (étonnant, n'est-ce-pas ??? je ne me sens même pas pousser), la sage-femme qui m'appuie sur le ventre n'aide en rien du tout. On appelle donc le gynécologue qui arrive avec la ventouse... puis épisiotomie... et mon farfadet arrive. Sur le moment, je suis contente car mon bébé à l'air d'aller bien. Il part pour les premiers soins et c'est là ça vire à l'horreur. On me le ramène en couveuse pour "que je le vois avant qu'il ne monte en néonatologie". Quoi ??? Et bien oui, mon petit bébé tout neuf, tout rose, qui criait il y a encore un instant part pour être mis sous oxygène car il a trop souffert lors de l'accouchement. Mon sorcier d'homme, tout nouveau papa, suit la chair de sa chair et je me retrouve toute seule avec mes doutes, mes peurs et mes larmes. Comment va-t-il ce petit farfadet ??? 2h après, retour dans ma chambre et toujours pas de bébé, le papa est revenu me rassuré mais il me manque trop ce bébé qui était encore dans mon ventre il y a peu. 3h après, le voilà enfin. C'est le plus beau, bien sur, et je suis soulagée de voir qu'il va bien.
15 mois après, j'y pense encore et il est hors de question que je revive cet enfer. Je n'ai pas souffert de mon accouchement mais mon fils, lui, a trop souffert. Quelle injustice. Pour mon nouveau lutin, j'accepte la souffrance pour que lui ne souffre pas trop. J'ai été trop passive de mon premier accouchement, il est hors de question que je le sois de nouveau. Je ressens au fond de moi un grand vide, une absence de quelque chose... il m'a manqué quelque chose lors de ce premier passage.
Haptonomie
Haptono quoi ????
Ben oui vous avez bien lu : haptonomie.
Il s'agit d'une préparation à l'accouchement. Aucune sage femme ne la pratiquait pour mon 1° lutin alors j'ai fait une préparation classique. Pour mon 2°, j'ai eu le bonheur de voir que la sage femme qui m'avait suivie pour mon premier avait fait la formation. Une fois que mon sorcier d'homme a été convaincu de m'accompagner, j'ai vite pris rdv.
Au 1° rdv, la sage femme nous pose une question : Qu'est-ce-que l'haptonomie ? Bonne question n'est-ce-pas ?
Il s'agit en fait de mettre en place une communication triangulaire entre le papa, la maman et le bébé (et la sage femme aussi pendant les cours). Mais comment communiquer avec ce petit être qui n'est pas encore un bébé ? Par le toucher bien sur !
Mais il ne s'agit pas de faire bouger le bébé dans le ventre de maman. Non, non, non il s'agit d'une véritable communication.
Pendant toutes ces séances, ce qui m'a particulièrement étonné, c'est de voir que mon futur lutin était capable de différencier les différents acteurs de la séance, il savait quand il avait affaire à la sage-femme, à la maman ou au papa. Trop fort ce petit bonhomme.
Mais il ne s'agit pas que de communiquer avec bébé par le toucher... il s'agit aussi de prendre conscience de ce qui se passe dans le ventre de la future maman, de prendre conscience de la place de bébé, de communier avec lui afin de faciliter l'accouchement.
L'haptonomie se vit, c'est difficile d'expliquer sur le papier comment s'y prendre mais je vais tenter de vous en raconter les grandes lignes
Communiquer : il s'agit de placer correctement ses mains sur le ventre de la future maman et d'appeler bébé en appuyant avec la paume de la main. Si bébé a envie de communiquer, on voit le ventre de la maman se déformer sous ses coups. Les coups de bébé en communication n'ont rien à voir avec les coups spontanés de bébé. Ceux-là sont tout doux et ne sont pas désordonnés comme ceux qu'il donne quand il en a envie. On voit tout de suite la différence, il répond à nos sollicitations. Dès que la personne changeait, notre lutin se calmait et il attendait la suite pour recommencer à communiquer.
De plus, cet exercice permet de placer bébé différemment dans son giron. Par exemple, si la maman souffre dans le bassin, le papa peut ainsi encourager bébé à remonter et donc à la soulager. De même, le jour de l'accouchement, si bébé ne descend pas, le papa peut inciter bébé à aller chercher la sortie en bas.
Le recentrage du dos : Quand on est enceinte, on est souvent cambrée et on a souvent mal au dos car bébé est placé devant, trop devant. Le recentrage du dos consiste à voir si quelque chose est coincé dans le bas du dos (la future maman est souvent au courant car elle souffre) et a replacer bébé dans le bassin afin de soulager la future maman. De plus, c'est important de le pratiquer avant l'accouchement afin de le faciliter.
"La bulle" (ça porte un nom tellement difficile qu'elle a rebaptisé ça comme ça et je trouve que ce nom est très parlant) : il s'agit de se concentrer sur bébé et non pas sur ce qui se passe aux alentours. Pendant l'accouchement on prend conscience de son bébé, de son évolution, ... On se met dans une bulle, on communie avec son bébé pendant la contraction et rien de ce qui se passe autour ne nous atteind. La sage-femme avait rajouté un cours sur la respiration (ce n'est pas au programme de l'haptonomie normalement). Les 2 couplés ensemble m'ont été très utiles.
Les derniers cours d'haptonomie portent sur le bébé en tant que tel, sur les jeux que l'on peut faire avec lui quand il est né. Le dernier cours aura lieu la semaine prochaine donc je ne peux pas vous en dire plus.
Personnellement, j'ai vraiment trouvé ses cours très utiles le jour J, ça m'a aidé à vivre pleinement mon accouchement, à être active de cet événement si intense dans la vie d'une femme.
