Suite à la publication de ma lettre dans le journal local, une personne a écrit au journal avec un avis défavorable concernant les couches lavables. Ayant lu sa lettre, je me suis dit qu'il y avait des points à éclaircir. Je me suis donc inspirée de cette lettre pour réalisé ce billet, j'en ai utilisé des passages (entre guillements), les idées reçues sur les couches lavables ne sont donc pas toutes exposées.

Idée reçue N°1 et N°2 : "La culotte en PVC qu'il faut mettre pour qu'ils ne mouillent pas leurs vêtements est carrément infame pour les petits surtout si il fait chaud"

1/ La culotte imperméable de protection n'est pas en PVC mais en PUL. Le PVC c'est du plastique, le PUL est en réalité un tissu de coton enduit imperméable mais qui laisse respirer la peau. Les couches jetables sont elles, bien constituées d'une couche plastique pour l'imperméabilité.

2/ La chaleur n'est pas plus fort dans les couches lavables que dans les couches jetables, au contraire. Les couches jetables augmentent la température des parties génitales des enfants, et sont soupçonnées d'être à l'origine de problèmes de stérilité masculine (cf mon billet précédent).

Idée reçue N°3 : "Les enfants qui portent ce genre de couches sont constamment dans l'humidité"

"Ces pauvres bouts de chou macèrent dans leur urine même avec cette soit-disant lingette en polaire qui donne une soit-disant sensation de sec".

Un enfant, qu'il soit en jetable ou en lavable, à partir du moment où il a uriné macère dedans, l'impression de sec n'est que trompeuse. Car ce qui est génant pour l'enfant, n'est pas tant l'humidité, que le fait de laisser longtemps son enfant dans son urine, qui en se dégradant, se transforme en amoniaque . Il s'agit donc d'un faux problème. En effet, l'effet au sec des couches jetables est pervers car il  donne au parent la sensation qu'il peut laisser la couche plus longtemps sur les fesses de son enfant et donc plus longtemps au contact de l'amoniaque et des bactéries.

De plus, certaines couches lavables utilisent des tissus hydrophobes comme le polaire et la suédine, qui donne réellement la sensation de sec (je me suis déjà retrouvée à sortir l'insert de sa poche pour savoir si mon enfant avait uriné ou non).

Certains parents n'utilisent pas ces tissus volontairement car la sensation d'humidité permet à l'enfant de prendre conscience de ses besoins d'élimination et acquiert donc la propreté plus rapidement et plus facilement.

Enfin, les parents utilisant les couches jetables changent moins souvent leur enfant, car la sensation de sec est trompeuse, mais aussi par rapport à leur coût, ce qui peut générer chez l'enfant des problèmes d'irritation.

Idée reçue N°4 : "En plus, la plupart de ces couches ne peuvent pas bouillir et ne passent pas au sèche-linge, et, vu leur épaisseur, elles sont très longues à sécher"

Quel est l'intérêt de faire bouillir les couches ? Les lessives actuelles sont très performantes, même à basse température. Quand un enfant continant fait pipi dans son pantalon, le faisons nous bouillir ? Personnellement non. Je lave les couches de mes enfants à 40°, à 60° parfois si j'en ressens le besoin. De plus, si besoin, on peut utiliser un produit désinfectant comme le sanytol ou nappy fresh en cas de maladie ou autre.

En ce qui concerne le sèche linge, la culotte de protection en PUL le supporte mal en effet mais elle sèche très rapidement et le noyau absorbant des couches (inserts, couches classiques) le supporte très bien, voire meme l'apprécie, surtout si il s'agit de tissus comme le chanvre et le bambou que le sèche linge assouplit.

Certains tissus sont en effet très long à sécher (bambou, chanvre), mais ce n'est pas le cas de tous les tissus. Les inserts en microfibres sèchent rapidement. Parfois le noyau absorbant est fait en plusieurs parties ou se déplie, ce qui permet de sècher plus rapidement. Je fais sécher mes inserts sur le sèche serviette et ils sèchent très rapidement.

Idée reçue N°5 : "Et pour couronner le tout, on ne peut pas habiller les enfants comme on aimerait, car les couches sont très épaisses et certains vêtements ne vont pas"

Oui et Non.

En effet certaines couches sont très épaisses, mais ce n'est pas le cas de toutes les couches. Les couches de nuit sont souvent impressionnantes, cependant beaucoup de couches de jour, surtout les TE1 et TE2, font des petites fesses à nos bébés. Je n'ai pas changé la garde robe de mes enfants sous prétexte qu'ils mettaient des couches lavables.

Idée reçue N°6 : "On nous parle d'économies avec ces couches, mais personnellement, je ne vois pas où est l'économie car un couple avec un enfant comme c'est mon cas n'a pas forcément besoin de faire tourner une machine tous les jours alors qu'avec les couches c'est obligatoire ce qui veut dire : utilisation d'eau, d'électricité, de lessive"

Personnellement, je ne fais pas de machine tous les jours. Je stocke mes couches et quand j'en ai suffisament, je lave ou alors, je lave mes couches avec le reste de mon linge (c'est cette solution que j'utilise en fait).  Depuis que je lave les couches de mon fils, je fais 1 machine supplémentaire en moyenne par semaine, ce n'est donc pas la mer à boire. Le cout d'utilisation des couches lavables (achat + entretien) entre la naissance et la propreté revient environ entre 400 et 800 € pour un enfant, contre 1500 € avec les couches jetables. En sachant que pour un 2° enfant (ou plus), l'investissement de départ est déjà fait et qu'il ne reste donc que les frais d'entretien. De plus, ces couches peuvent être revendues lorsque l'on en a plus l'utilité.

Idée reçue N°7 : "avec les couches lavables, les enfants ont constamment les fesses rouges et irritées" (édit, 2° intervention de cette personne dans le journal local)

Malgré l'argument qui fut martelé lors de l'apparition des couches jetables, l'érythème fessier n'a pas disparu. En couches jetables ou couches lavables, un enfant peut avoir les fesses rouges. Mon ainé avait lui systématiquement les fesses irritées (en sang parfois) avec les couches jetables. Je crois que plus que les couches utilisées, il s'agit du temps que l'enfant passe au contact avec son urine qui est le véritable problème. J'ai eu 2 enfants en couches lavables, ils n'ont pas eu d'érythèmes fessiers plus qu'avec des couches jetables (il s'agit meme de l'inverse en ce qui concerne mon ainé)

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J'ai fait le tour des idées reçues de cette lettre. Je pense que j'en trouverai d'autres, j'éditerai donc peut-être mon billet prochainement pour en rajouter. Si vous voulez m'en soumettre en commentaire, n'hésitez pas.